Lorsqu’on regarde l’arborescence des causes du massacre de Charlie Hebdo, on y trouve la question de la radicalisation. Les commentaires mentionnent le rôle qu’y jouent la prison et les médias sociaux mais ils ne sont que des outils génériques et non consubstantiels du processus de radicalisation. La question cruciale est loin en amont – c’est l’éducation des jeunes et le soutien à leur intégration sociale. Si les parents et l’Etat abandonnent le terrain, il sera occupé par d’autres – quels que soient, le lieu, l’époque et la technologie. A chaque fois qu’un état abandonne chroniquement une frange de la société, elle est récupérée par ceux qui s’y investissent, avec les techniques historiquement bien rodées de l’embrigadement – bien des mouvements en ont tiré profit. Si l’Etat est trop myope pour ne pas voir la nécessité de déployer du monde sur le terrain social (physique ou virtuel) auprès de ces jeunes et donc des moyens, s’il ne voit pas que la paupérisation et l’insécurité sociale désespèrent et poussent à explorer d’autres horizons idéologiques, alors c’est perdu d’avance. A contrario, on n’a jamais vu quelqu’un ayant foi dans son propre avenir s’adonner à des actes antisociaux violents prémédités (à part des banquiers et des hommes politiques – mais c’est une autre question). Un proverbe Africain dit: si les jeunes du village ne sont pas initiés dans la tribu alors ils le bruleront juste pour sentir un peu de chaleur. Si nous continuons à abandonner notre jeunesse, les mêmes causes produiront les mêmes effets… Aucun arsenal sécuritaire et répressif n’y changera quoi que ce soit.

Les cimetières sont remplis de gens indispensables, mais il serait quelque peu prétentieux d’en conclure logiquement que notre employeur fera faire assassiner les meilleurs d’entre nous… L’efficacité de la fonction RH n’a, quoiqu’on en pense, pas encore atteint de tels sommets.

Je dis “fera faire” parce que si notre employeur voulait ainsi alléger ses OPEX, il s’agirait évidemment d’une fonction externalisée – en guichet et au forfait comme dans les best practices des plus dynamiques startups sous-traitantes de la Spaghetti Valley Sicilienne.

Le suivi des indicateurs et le pilotage de l’activité aurait lieu via une application mobile décorée d’un logo humoristique, histoire de rappeler subtilement aux employés que le boulot doit avant tout être fun. Et pour une fois dans un projet informatique je prendrait comme compliment qu’on me dise que la phase de tests a été un carnage.

La norme EXIF mentionne SubjectDistanceRange mais ce n’est généralement pas une distance – cette valeur est généralement totalement inutilisable. FocalDistanceUpper et FocalDistanceLower semblent rarement disponibles – et lorsqu’elles le sont il y a toujours SubjectDistance qui est bien plus prometteur.

SubjectDistance est donné aux boitiers compatibles E-TTL II par les objectifs Canon E-TTL II, en fonction de la rotation de la bague de mise au point – c’est donc la distance de mise au point, qui n’est la distance au sujet que si la mise au point a bien eu lieu sur le sujet… Ce qui est loin d’être garanti – mais gageons que c’est le cas.

Cette liste d’objectifs compatibles et incompatibles date de 2004 mais c’est mieux que rien. Vu le peu de coopération de la part de Canon dont les autres fabricants bénéficient pour assurer la compatibilité de leurs objectifs (Canon ne leur donne même pas les spécifications du protocole de communication), on peu s’attendre à ce que quasiment aucun objectif non-Canon ne fournisse la distance de mise au point.

Vu que la valeur est liée à la mise au point, la progression est logarithmique et donc d’autant plus précise que la distance est faible. Ca c’est la bonne nouvelle. La moins bonne c’est que ce n’est pas une progression continue – il y a des marches d’escalier qui pourraient rendre la précision inacceptable . A part ça, l’infini commence entre 80 et 500 mètres…

Au Nikonland, SubjectDistance s’appelle ApproximateFocusDistance et à vue de nez le principe est le même. Vu que ce n’est pas un champ normalisé par l’EXIF, pourquoi se priver de choisir un nom différent ?

En faisant réviser une leçon de géographie à Pauline, j’ai trouvé un digne successeur à la réplique “On a cours où ? En Guyane !” dont je ne peux plus abuser vu que ma carte d’étudiant est depuis fort longtemps expirée… La prochaine fois qu’on me demandera où est la réunion, je répondrai “Dans l’Océan Indien”.

J’ai hâte de fatiguer mes collègues avec ça et j’espère être la cause de l’extrême irritation des collègues auprès de qui les premiers iront en abuser. Peut-être même qu’une génération entière de salariés trouvera ici l’étymologie de ce nouveau même populaire et me maudira copieusement en conséquence… Mais j’en revendique néanmoins une paternité assumée et je ricane bêtement par anticipation !

On me demande si les boulettes provençales achetées en promotion chez mon décoteur dur préféré sont véritablement provençales. Oui, elles le sont – mais leur provencitude n’est pas là où on pouvait l’attendre : loin d’évoquer le chant des cigales et les saveurs bucoliques des légumes frais, du thym et du romarin, les épices à merguez dignes du sachet de poudre rouge d’un couscous industriel évoquaient plutôt les quartiers nord de Marseille… La Provence donc – l’emballage du produit n’avait pas menti.

Le pire est que je n’étais même pas déçu – je m’y attendais. Or dans la mesure où la qualité obtenue est la qualité attendue, on peut même dire que c’était un produit de qualité satisfaisante… Ce qui montre bien qu’il s’agit d’un jugement orthogonal à l’appréciation gustative de ses propriétés organoleptiques et qu’en matière de cuisine provençale je ferai mieux de m’en tenir à la belle famille de mon frérot.

Le rapport Democracy Index 2010 de The Economist classe la France comme “democratie défectueuse” avec un score inférieur à ceux de l’Afrique du Sud et de l’Italie… Un extrait :

“Diverses tendances politique négatives en France ces dernières années ont entraîné dans la rétrogradation du pays dans la catégorie démocratie défectueuse. La confiance publique envers les partis politiques et le gouvernement est extrêmement faible. Les enquêtes montrent également que l’engagement politique des citoyens a diminué. Le soutien populaire pour la démocratie est parmi les plus faibles du monde développé. Une personne sur sept ne croit pas que la démocratie est meilleure que toute autre forme de gouvernement. Le fossé entre les citoyens et les élites politiques s’est élargi. Les violentes émeutes de ces dernières années sont un autre symptôme du malaise politique du pays. Dans le cadre du système politique français, le président exerce un pouvoir énorme. Le style autocratique et autoritaire de l’actuel président, Nicolas Sarkozy, risque de miner les traditions démocratiques. Il a augmenté le sentiment anti-musulman et l’accent mis sur les racines chrétiennes du pays lors de la présidence Sarkozy. La pression sur les journalistes et les médias électroniques ont conduit à un recul de la libertés des médias”.

Si même The Economist le dit… Ca valait au moins une petite traduction ? Merci à Nicolas et à ceux qui l’ont élu.

Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?

J’emprunte souvent la sympathique piste cyclable qui mène au pont d’Argenteuil. Au bord d’une grande avenue dans la commune de Colombes, cette piste cyclable est soudainement interrompue par un panneau intimant aux cyclistes l’ordre de mettre pied à terre – pour contourner quelques gravillons et reprendre la piste cyclable un mètre plus loin. C’est fascinant, mais j’ai du mal à comprendre :

Vous pouvez constater par vous même avenue de Stalingrad, à quelques mètres de l’intersection avec l’avenue de Valmy en direction du Pont d’Argenteuil : cette piste cyclable est bien interrompue sur un mètre.

Bien sûr, de la terre battue recouverte d’un peu de sable et de gravier est un danger tel pour le cycliste que la piste cyclable ne saurait la traverser sans l’exposer au danger. Et comme le malheureux cycliste doit, pour contourner l’obstacle, emprunter abusivement l’espace réservé aux piétons, il est bien naturel de lui rappeler comment rester dans les limites de la légalité – il fallait  bien un double panneau monté sur deux poteaux.

Un règlement communal interdit-il de revêtir une chaussée à moins d’une certaine distance d’un arbre ? L’arbre aurait-il vraiment été incommodé ? Était-il plus pratique de s’offrir un panneau et d’avoir l’air ridicule ? Les voies du service de la voirie de Colombes sont aussi impénétrables que leurs pistes cyclables interrompues. Mais j’aimerais bien que quelqu’un m’explique le raisonnement qui a conduit à cette curiosité que seule peut avoir engendrée la créativité administrative.

Jusque-là ignorés du Code de la Route, les patineurs sont assimilés à des piétons. Le Ministère vient de donner un accord de principe sur le futur statut du patineur et du skateur. L’entrée en vigueur des nouvelles dispositions est attendue pour la fin 2009 – début 2010 à l’issue d’une validation finale par le prochain Comité Interministériel de la Sécurité Routière.

Lorsqu’ils circulent sur les trottoirs et les aires piétonnes, les patineurs restent assimilés à des piétons. Ils continueront ainsi à bénéficier d’un régime juridique très protecteur. En dehors de ces cas, ils seront considérés comme des véhicules. A noter que, comme pour les cyclistes, les amendes encourue seront identiques aux automobilistes.

L’adolescent qui est en moi s’accomodait fort bien de la délicieuse marginalité du statut du patineur. Mais en tant que citoyen je dois admettre qu’une clarification est la bienvenue, ne serait-ce que pour des questions de responsabilité civile.

En attendant, les questions juridiques relatives au roller trouveront leur réponse dans l’exégèse législative de Légi-Roll dont j’ai souvent une copie dans mon sac à dos pour toutes les occasions où la maréchaussée m’invite à un débat juridique impromptu.

Je viens d’apprendre que le ministre de l’Éducation Nationale, M. Luc Chatel, a décidé de supprimer l’histoire et la géographie comme matières obligatoires en terminale scientifique. Il se propose néanmoins de les maintenir dans un cadre optionnel avec un module de deux heures hebdomadaires.

Ancien élève de ce que l’on appelle une terminale scientifique (une terminale C en l’occurrence), économiste et spécialiste en recherches stratégiques, Jacques Sapir s’est senti personnellement interpellé par cette mesure et il nous en livre sa critique à laquelle j’adhère entièrement.

Quels citoyens voulons nous pour demain ? Je suis persuadé qu’il n’est pas possible, sans la compréhension du monde contemporain apportée par ces enseignements, d’être un citoyen impliqué et armé pour élever notre société. J’espère que le ministre de l’Éducation Nationale reviendra sur cette décision.

Des négociations étant en cours entre mon employeur et moi au sujet de notre différent sur l’expression du consommateur lorsqu’il est également employé, j’ai décidé pour apaiser les tensions de retirer de la publication toute mention de SFR – en mal comme en bien : sans la liberté de blamer il n’est point d’éloge flatteur. Les commentaires de cet article sont également fermés – vous débattrez donc ailleurs du droit à la vie personnelle et du pouvoir d’une entreprise sur ses salariés.

Cet article est une nouvelle version censurée d’un article précédent retiré de la publication en raison d’un rapport de force défavorable entre l’entité commerciale concernée et moi-même. La suite donc, sans noms et sans précisions organisationnelles.

Mes gros doigts patauds sont prolixes en fautes de frappe et j’ai donc malencontreusement écorché le nom d’un site bien connu en entrant http://www.azrerogfihazeozofiehazfeomih.com – et j’ai eu la surprise de constater qu’au lieu de recevoir la réponse standard NXDOMAIN telle que les RFC l’exigent, j’ai eu droit à une page garnie de liens vers des recherches aussi aléatoires que publicitaires, générée par mon fournisseur d’accès :

SFR AOL DNS hijacking

Les recommandations de l’ICANN au sujet du détournement de DNS mentionnent que si malgré tout un fournisseur de service tombe aussi bas il devrait proposer à l’abonné un moyen de s’exclure de cette fonctionnalité. Mais je n’ai pas vu la moindre trace de lien de désinscription sur cette page. Je n’ai également jamais été informé de cette modification unilatérale du service qui pourrait être une raison suffisante de rupture de contrat.

Un petit rappel pour nos lecteurs non-initiés aux arcanes du DNS : le rôle du DNS est de traduire un nom de domaine tel que sinhaladweepa.ruwenzori.net en adresse IP telle que 212.85.152.17. Le DNS n’est pas seulement un pilier fondamental pour la toile, il l’est pour tout l’Internet – c’est à dire aussi les messageries, le partage de fichiers, les imprimantes partagées et bien d’autres choses encore. Les abonnés paient pour ce service qui se conforme à une collection de standards universellement acceptés. Et voici que leur fournisseur le dévoie pour en tirer profit au mépris de l’intégrité technique du service livré.

Pourquoi est-il très important d’émettre une véritable réponse négative lorsque le domaine n’existe pas, au lieu de générer une page de publicité en prétendant qu’il existe ? Il n’y a pas que des humains qui utilisent l’Internet – les programmes qui tentent de joindre une adresse non existante doivent être notifiés du problème au lieu de croire erronément que tout se passe bien. Certaines configurations deréseaux privés virtuels reposent légitimement sur l’hypothèse que les domaines non existants doivent être signalés comme tels. Et ce ne sont pas les seuls services endommagés par le détournement de DNS.

Le détournement de DNS a également pour conséquence une insécurité accrue. Un message envoyés avec un nom de domaine erroné ? Le serveur de messagerie du publicitaire le reçoit. Une tentative de login avec un nom de domaine erroné ? L’identifiant et le mot de passe sont postés sur le serveur du publicitaire. Bien sûr, peut-être que le publicitaire est digne de confiance… Mais est-ce bien raisonnable de faire dépendre autant de problématiques de sécurité de la bonne volonté d’un seul acteur ?

Confiant dans mon fournisseur, j’avais commencé à utiliser son service DNS au lieu de dépendre de mon serveur habituel qui se trouve un peu plus loin sur le réseau. Il me semble que je vais bientôt revenir à mes vieilles habitudes et résoudre les noms sans avoir recours à un service dans lequel j’ai perdu confiance.

A quand les erreur HTTP 404 détournées ? Ne serait-ce pas merveilleux que le sympathique fournisseur d’accès insère une tartine de publicité à la place d’une erreur signalant une page non trouvée ? D’ici là je serai parti chez la concurrence – même le tarif réduit dont je bénéficie en tant que salarié aura du mal à me convaincre de rester.

Quand j’achète un accès à l’Internet, est-il besoin d’expliquer que je veux un accès à l’Internet, et non pas un accès à l’Internet à travers les lunettes publicitaires roses de mon fournisseur d’accès ? Il semble malheureusement que ce genre de précisions va devenir nécessaire…

http://en.wikipedia.org/wiki/Domain_name_system

C’est l’histoire d’un échec – mais un chouette ballade quand même et une exploration des routes Anglaises sur 102 kilomètres en vue d’une nouvelle tentative qui se terminera à Paris et non à Newhaven devant un quai vide.

Je ne sais plus où j’avais lues les aventures d’Alain “Monsieur” Decayeux et de ses compagnons de route entre Paris et Londres en 2005, mais j’avais trouvée l’idée excellente et j’avais très envie de tenter l’aventure à mon tour. Cette été, encore plus que d’habitude, j’avais envie de prendre la route et cette idée d’itinéraire a resurgit. Le symbolisme évident d’une liaison entre ces deux capitales est irrésistible. Après une petite heure d’étude le parcours m’a paru tout a fait a ma portée. Ce serait tout de même mon plus long parcours routier puisqu’à ce jour je n’ai jamais dépassé 210 kilomètres d’une seule traite alors que celui-ci atteint 255 kilomètres à vue de Google Maps, mais la coupure de quelques heures au tiers du parcours le rend physiquement plus accessible qu’il en a l’air. Et puis même si les conditions y sont entièrement différentes, mes 397 kilomètres aux 24 Heures du Mans cette année me donnent confiance en moi. Les horaires de traversée sont contraignants – jamais plus de deux ou trois par jour, mais le ferry de 22:30 semble finalement être une solution fort acceptable.

Voici l’itinéraire que j’avais prévu :

De Londres St Pancras à Newhaven et approche de l’avenue verte depuis Dieppe

- De Forges Les Eaux à Paris

J’ai rangée cette étude de faisabilité dans le répertoire des plans a exécuter un jour ou l’autre – mais trois semaines plus tard l’envie fut trop forte… Le vendredi soir les prévisions météorologiques sont enthousiastes : beau et chaud. Je n’avait rien de particulier de prévu pour le week-end, alors je n’ai pas résisté : j’ai pris mon billet Eurostar pour Londres, départ à 08:07 et arrivée à 09:34.

Depuis deux semaines je sondais les disponibilités du ferry, mais il m’était impossible de réserver une traversée : toujours complet pour la traversée du soir, tous les samedis jusqu’à la fin de la saison. Mais après quelques lectures il m’est apparu que les passagers piétons se présentant sur place ont une quasi-certitude d’embarquer – j’ai donc décidé donc de tenter ma chance.

Il ne me reste plus qu’a ramasser ce qu’il me faut pour un raid, dans les caisses de matériel et dans le carton de bouffetance technique – je commence à être bien rôdé à cet exercice. Il faut aussi dormir un peu parce qu’il est une heure du matin et que je me réveille a six heures pour un grand bol de muesli et un train pour Londres. Comme disent les slogans publicitaires : “le monde est ton terrain de jeux” et “juste fais le” !

Je sors de chez moi en portant mon sempiternel cycliste noir avec T-shirt orange, et sur mon dos un un sac profilé compressible de 15 litres dont le contenu est le suivant :
– Une roue de rechange avec ses roulements
– Une clé hexagonale pour les roues
– Cinq petits tubes de gels énergétiques et trois barres car je compte essentiellement sur le ravitaillement que je trouverai en route
– Quelques sachets de poudres énergétiques et électrolytiques pour compléter l’eau si c’est tout ce que je trouve
– Une outre Source Widepack pleine d’eau avec poudre. J’ai testés d’autres types, mais celui-ci est le seul qui me donne entière satisfaction à l’usage et à l’entretien – il ne fuit pas, il est très simple à utiliser, très facile à remplir et se nettoie rapidement et efficacement.
– Une petite frontale pour avoir un minimum d’éclairage au petit matin. Je ne compte pas rouler de nuit cette fois-ci
– Petite pharmacie pour petits chocs, égratignures, ampoules & co
– Un communicateur Android G2 pour prendre des notes, prendre et transmettre des photos géolocalisées et consulter Google Maps.
– Mes notes d’itinéraire en cas de défaillance du communicateur.
– Enregistreur de positions Sony GPS-CS1
– Carte d’identité
– Carte de crédit
– Papier toilettes parce que je n’ai pas pris la peine de passer en régime zéro résidus – un détail qui compte lorsqu’on est en pleine cambrousse.
– La clé de chez moi… On ne rigoles pas dans le fonds !
– Sur ma tête, un casque avec les autocollants RollerEnLigne.com – c’est pas demain la veille que quelqu’un louera de l’espace sur mon casque, alors autant arborer les couleurs de mon site de roller préféré !

J’ai chaussés mes confortables et efficaces Rollerblades Speedmachine 10 – j’ai définitivement abandonnés Fila M100, fort efficaces mais trop étroits et donc fort douloureux pour mes larges pieds. Pour l’occasion j’ai montées les roues d’origine pas loin d’être a bout de souffle – mais en l’absence de chrono après lequel courir, ces gommes rongées en double biseau feront bien l’affaire. Quoiqu’il en soit, tout ce que j’ai d’autre en stock c’est un train de roues Matter jaunes dont la dureté me parait excessive compte tenu de la qualité incertaine des revêtements Anglois – j’ai un très mauvais souvenir des grattoneuses rues de Londres. Les roulements ne sont pas de première fraîcheur non plus, mais je doute que ça fasse une énorme différence pour ce type de parcours.

Un peu de sommeil dans le train (j’en ai bien besoin – je me couche toujours trop tard avant ce genre d’exercice) est interrompu par le petit déjeuner composé de plein de cochonneries inadaptées a une épreuve sportive, mais comme je suis en ballade j’en profite quand même Le temps couvert sur l’Angleterre sera bienvenu pour réduire ma consommation d’eau.

Je sors tranquillement de la gare de St Pancras. Il est 09:50 quand je démarre l’enregistreur de positions et je met le cap au sud après quelques minutes de désorientation dans ce nouvel environnement où il ne faut pas oublier de rouler du mauvais côté de la route.

Je m’octroie quelques pauses le long de Blackfriars road pour capter quelques autoportraits dans le cadre desquels j’essaie désespérément d’inclure un bus rouge à deux étages pour faire couleur locale – mais le délai de déclenchement de la caméra de l’Android G2 est de l’ordre de l’ère géologique et je me contente de transmettre sur Brightkite ce que j’ai réussi à attraper – vers 10H20 d’après Brightkite. Mon accès en itinérance ne m’accorde ni voix ni SMS, mais bizarrement j’ai une connectivité IP correcte alors ce sera comme ça que je tiendrai mes amis au courant de ma progression.

Vent de face non négligeable et routes médiocres – tout se passe comme prévu, c’est rassurant. En fonction du trafic, des piétons, de la qualité de la chaussée et de l’état de délabrement des trottoirs, je louvoie au mieux. Mais la banlieue de Londres défile quand même bien et j’adore l’ambiance multiculturelle apportée par les sujets des colonies de Sa Majesté. Mon script de transmission de Google Latitude vers Brightkite n’est exécuté que tous les quarts d’heure et peut donc retarder d’autant, mais mes horaires de passage indiquent quand même que tout va bien : Croydon vers 11H30 et Caterham une heure plus tard.

J’ai quand même eu un petit passage à vide vers Purley où j’achète alors une bouteille de Lucozade. Après l’avoir engloutie ça va tout de suite mieux – un rappel à l’ordre sans frais. Après avoir plutôt pensé à la navigation et au trafic, il est temps de recommencer à surveillance aussi ma glycémie.

Après Caterham, Godson Road qui était une route à peu près acceptable pour les habitués d’un trafic plutôt dense et moyennement rapide devient une voie expresse avec séparation centrale. Le trafic dense accélère et un patineur n’y a à mon avis plus sa place. Courageux mais pas téméraire, j’opte donc pour la piste cyclable que je viens de repérer. Enfin “piste cyclable c’est un bien grand mot pour cette affreuse bande de cinquante centimètre d’un revêtement probablement étalé avec les pieds en son temps et aujourd’hui grattoneux quand il n’y a pas carrément de la terre et des débris végétaux. En prime, la végétation mal taillée en bordure de la piste heurte régulièrement mon casque pendant que je patine maladroitement. Une petite route branche vers l’ouest et je parviens à y arrêter une voiture pour m’enquérir d’une alternative – mais le conducteur me confirme que je n’ai pas le choix : pour passer vers le sud l’affreuse route est la seule option à plusieurs kilomètres à la ronde.

La descente vers Godson aurait été bienvenue s’il n’avait pas fallu la négocier sur cette piste cyclable – mais finalement ça se passe bien. Le village Godson amorce une section plus tranquille, avec un large trottoir en prime. Le trottoir est garni de ronces et autres végétaux témoignant de l’importance cruciale que les autorités locales donnent à la circulation des piétons, mais au point où j’en suis j’en fais peu cas tant que je parviens à me faufiler. Le répit est de courte durée : je rejoins bientôt la A22 où le trottoir redevient quasiment inutilisable et le trafic très stressant, à se demander si les conducteurs ne le font pas exprès. Au bout de quelques kilomètres, s’en est trop pour moi et un panneau “Surrey Cycleway” pointant une route vers l’est achève de me convaincre de tenter ma chance sur le réseau secondaire.

Ces petites routes près de Crowhurst sont excellentes – meilleures même que les routes nationales Je continue tranquillement vers Lingfield tandis qu’un passager de voiture lève le pouce en me croisant – un encouragement qui change des klaxons et regards excédés. Le moral retrouve rapidement un excellent niveau.

L’arrêt à Lingfield est l’occasion de passer chez un boulanger qui me fait découvrir une boisson locale au gingembre et une spécialité nommée “booster bar”, un petit pain très lourdement enrichi en fruits secs. C’est bon et efficace. Avec un peu de chance, la voiture de Teleatlas qui passait par là m’assurera l’immortalité sur Google Street View les patins aux pieds et la booster bar entre les dents.

Plus au sud, en continuant vers East Grinstead, j’opte pour un passage par Dormans Park au lieu de prendre Felcourt Road qui est un tout petit peu trop chargée à mon goût. Ce fut une erreur à plus d’un titre : non seulement c’est un relief plus élevé, mais en plus ce n’est pas un passage routier à moins d’un détour non négligeable. Le seul passage vers le sud est le prolongement d’Eden View, un petit chemin forestier en terre battue boueuse. Les passants qui m’y ont vu patauger en rollers en rient certainement encore…

Mais malgré ce raccourci douteux conseillé par un local, je finis par sortir du domaine privé et j’amorce l’ascension de St Hill qui annonce le début d’un segment calme fort agréable.

La descente sur Weir Wood reservoir manque de visibilité et elle est trop raide – je me résigne donc à brûler de la gomme avant d’affronter l’inévitable montée sans même avoir profité de la descente. Mais je me console sur Chiling street, une interminable descente en pente douce qui me fait oublier tous mes soucis et m’amène au pieds de Horsted Keynes. Un petit détour par la place du village et je continue paisiblement sur Treemans road et Sloop lane où je bavarde avec des buveurs à la terrasse d’un pub isolé au milieu de la campagne. Ce segment bucolique très agréable se termine à North Chailey ou un ravitaillement est de rigueur dans une station service : jus fraise-banane bio et une magnifique grosse barre d’un mélange de fruits secs délicieux. Je commence à croire aux fruits secs comme alimentation pour patiner.

A partir de North Chailey j’emprunte l’A275, un axe important mais dont la densité de trafic est tolérable d’autant que quelques segments de trottoir offrent un bon échappatoire au passage d’une rafale de voitures. A l’approche de Lewes je me fait rattraper par un cycliste que je rattrape à mon tour à la faveur d’une montée. On s’arrête pour faire connaissance – il s’appelle Ben et il arrive de Londres, comme moi ! Il viens à Lewes pour assister à un tournoi d’ultimate frisbee. On parle de randonnée quelques minutes, on fait un point de navigation ensemble, puis je m’achemine à travers le centre de Lewes.

A la sortie de Lewes une mauvaise surprise m’attend : le tunnel de Cuilfail est formellement interdit aux piétons et aux cyclistes. Heureusement, ma mauvaise foi congénitale m’autorise à noter qu’aucune mention ne vise les patineurs – et comme un trottoir borde la voie dans le tunnel, je passe outre sans problème. Mon forfait est récompensé par trois kilomètres de descente de Ranscombe hill sur l’une des plus belles pistes cyclables qu’il m’ait été donné de tâter. L’A27 semble toute neuve et après tous les pistes cyclables et trottoirs immondes que j’ai pu rencontrer je suis ravi de constater que les pouvoirs publics ont des velléités d’adapter les routes du pays aux circulations à force musculaire – mais même ce magnifique segment ne fait pas le poids pour remonter la moyenne du pays. Et la suite me le fera vite oublier : l’A26 vers Newhaven est chargée de conducteurs d’une agressivité rare – je ne compte plus les frôlements et autres gestes hostiles dont les habitués de la perfide Albion imagineront très facilement le style. La route est aussi étroite que grattoneuse, et les conducteurs d’automobiles semblent très contrariés de devoir la partager avec un patineur. La piste cyclable encore plus petite que d’habitude voire souvent inexistante n’a pas eu l’air de les faire réfléchir autrement.

Au bout de la route, j’arrive glorieusement au terminal du ferry de Newhaven à 18H30 soit après 8H40 de route. Et là, la pire surprise de la journée : une note laconique sur la porte explique que le site est fermé jusqu’au lendemain, sans donner la moindre raison. Protestants qu’il sont en majorité, les Anglois ne célèbrent pas le 15 Août – mais peut-être que ce jour férié côté Français est la cause de cette interruption de service.

La tentative de Londres-Paris s’arrête donc à Newhaven… Mais je décide déjà que je reviendrai – il n’est pas question de rester sur cet échec, surtout maintenant que je suis à l’aise sur les routes du sud de l’Angleterre.

Dans le train du retour sur Londres, je bavarde avec une charmante habitante de Newhaven qui vient à Londres fêter les trente ans d’une de ses amies ce soir, dans une boite où tout le monde circule et danse en roller ! Elle n’a jamais chaussés de rollers et s’attend évidemment à ce que tout le monde soit ivre – j’ose à peine imaginer les résultats… L’idée m’a traversée l’esprit de tenter l’incruste en proposant mes services pédagogiques pour sauver la jeune damoiselle en détresse, mais un gars sale et puant en cycliste et T-shirt moulant sur des roues de 102mm risque de poser un problème pour se fondre dans la masse des londoniennes du samedi soir. J’ai donc choisi de continuer poliment ma route en regrettant amèrement de ne pas avoir pris de vêtements de rechange et qu’il soit trop tard pour aller en acheter.

Grâce à la bizarrement peu fiable offre d’itinérance de mon cher employeur et opérateur de téléphonie mobile, je ne dispose pas de connexion à l’Internet pour vérifier les disponibilités à bord des avions, je ne prend pas le risque de descendre à Gatwick où le train s’arrête. Je continue jusqu’à Victoria station, puis en métro jusqu’à St Pancras où j’arrive juste à temps pour louper le dernier Eurostar de la journée. Dans un prochain article je vous expliquerai peut-être comment positionner les rollers comme oreiller et où sont les meilleurs coin pour dormir par terre dans la gare…

Londres-Newhaven c’est 85 km à vol d’oiseau. Mon projet sous Google Maps donnait 94 kilomètres. La réalité reconstituée sous Google Maps, à partir de la trace GPS donne 102 kilomètres, que j’ai parcourus en 8H40 à un peu moins d’une douzaine de kilomètres par heure.

A une erreur de navigation dans Londres, quelques routes de campagne et quelques raccourcis douteux près, mon parcours est proche de ce que j’avais prévu. Le mode “terrain” de Google Maps démontre là sa valeur : une carte routière avec des courbes de niveau, c’est efficace pour planifier un parcours à la force des muscles. Il ne manque plus qu’un indicateur de qualité du revêtement.

Pour la prochaine tentative, fort de mon expérience, j’ai élaborés deux parcours:

Reste à en choisir un – et à s’assurer qu’il y aura un ferry à l’arrivée…

En Février est prévu l’appel à candidatures pour les licences des fréquences restantes dans la bande des 2.1 GHz, sous la forme de 3 lots de 5 MHz dont un réservé à un nouvel entrant. Il n’est donc pas étonnant que de nombreux acteurs s’interrogent sur l’opportunité de cette offre, d’autant que les tranches sont plutôt maigres et plutôt chères. En témoigne cette question que j’ai reçue ce matin :

Also sprach somebody [Fri, Feb 06, 2009 at 11:25:00AM +0100] :
>
> Je me pose une question (pour le compte d’un client opérateur mobile) :
> si un opérateur alternatif acquiert 5MHz de fréquence 3G (plus 5
> dans la bande des 900 MHz), quel en sera l’impact sur l’expérience
> client X le nombre de clients ? L’idée est de savoir s’il sera
> possible de lancer des services consommateurs de bande passante (TV,
> Internet illimité, etc.) sur les zones denses où seront les premiers
> clients sans être rapidement limité, ou si ce futur opérateur sera
> nécessairement contraint pour la majorité de ses clients à des
> services mobiles de base.

 

Si on prend l’exemple du HSDPA, l’efficience spectrale est de 2.88 bits par Hz par cellule soit 14.4 Mb/s pour une tranche de 5 MHz. Mais en EDGE, l’efficience spectrale n’est que de 0.33 bit par Hz par cellule. Une bande de fréquence de largeur équivalente a donc beaucoup plus de valeur en 3G.

Coincidence probablement non fortuite, les 14.4 Mb/s supportés par une tranche de 5 MHz en HSDPA correspondent exactement au débit maximal permis par cette norme entre le mobile et un node B – ce qui permettra aux opérateurs d’annoncer la vitesse maximale permise par la norme. On trouvera probablement en tout petits caractères en bas de page une note mentionnant qu’il s’agit d’un débit partagé entre tous les utilisateurs d’une cellule, mais ne laissons pas ces détails gâcher une bonne publicité !

On parle de débit par cellule – la question n’est donc pas le nombre global de clients sur un réseau mais le nombre de clients par cellule. Le ratio entre la densité de la population cliente et la taille des cellules est donc un critère essentiel. L’optimisation à calculer est alors entre le cout de la densité de la couverture par le réseau et le cout d’acquisition des tranches de fréquence – le tout pour une qualité de service donnée. Nulle doute qu’un certain nombre de tels modèles tournent en ce moment.

Le Commissaire Thomas Hammarberg (Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe) s’est rendu en France au mois de mai 2008. Au cours de cette visite, le Commissaire a rencontré les Ministres de la Justice, de l’Immigration, du Logement et de la Ville, la plupart des institutions nationales chargées de la protection des droits de l’homme et des représentants de la société civile. Il a ainsi pu évoquer certaines questions de droits de l’homme et notamment les droits des détenus, l’asile et l’immigration et la protection des Roms et Gens du voyage.

Dans le résumé de son rapport, je note que “le Commissaire attire l’attention des autorités françaises sur les risques associés à la détermination à priori du nombre de migrants irréguliers à reconduire aux frontières. Il convient d’analyser les conséquences sur les méthodes d’interpellations et la pratique administrative“. Nous avions fermement dénoncée l’introduction des quotas d’expulsion, et je suis ravi de voir une autorité Européenne exposer les travers de cette regrettable méthode.

Voici extraite du rapport la section traitant des conséquences de la définition d’objectif chiffré de reconduites d’étrangers :

“Depuis 2005, les autorités françaises ont pris la décision de déterminer en début d’année le nombre d’étrangers irréguliers qu’il convient d’éloigner volontairement ou non avant le 31 décembre. Cet objectif est passé de 20 000 reconduites en 2005 à 26 000 pour l’année 2008. Les autorités reconnaissent toutefois qu’elles ne pourront pas par ce biais mettre un terme à la présence d’étrangers irréguliers sur le territoire français – estimés entre 400 000 et 600 000. La détermination de cet objectif quantitatif semble donc plus dépendante de la capacité supposée de l’administration à les atteindre que de la volonté de faire disparaître un tel phénomène.

Comme indiqué dans le cadre de sa visite des zones d’attentes de l’aéroport de Roissy et du CRA du Mesnil-Amelot, le Commissaire craint que la pression engendrée par les objectifs chiffrés de reconduite à la frontière pousse les force de l’ordre à procéder à de plus en plus d’interpellations avec des méthodes parfois contestables. [..] Ces pratiques illégales sont heureusement exceptionnelles mais démontrent l’impact que peut avoir une politique centrée sur la réalisation de chiffres où le quantitatif prime parfois sur la nécessaire obligation de respecter les droits des individus”.

La remarque que “la détermination de cet objectif quantitatif semble donc plus dépendante de la capacité supposée de l’administration à les atteindre que de la volonté de faire disparaître un tel phénomène” me semble être un indice renforçant mon idée que ce genre de mesure prise en matière d’immigration par la France relève plus de la gesticulation médiatique simpliste à l’usage de l’électorat que de la délicate construction d’une politique réaliste intégrant la complexité du phénomène des migrations.

En se focalisant sur la gesticulation médiatique on accroit la souffrance des migrants sans atteindre l’objectif présenté (aussi discutable soit-il) et en contribuant encore moins à l’utilité globale. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il n’y a pas de quoi être fier et que nous pouvons faire beaucoup mieux – notre société a beaucoup à gagner si elle parvient à exiger du monde politique que la prise en compte des migrations ne soit plus un domaine où les rationalités sociales et économiques sont laminées par la gestion des peurs régressives de l’électorat.

Quand aux gouvernants qui prétendent qu’on peut sérieusement envisager de déporter presque 1% de la population de la France (600000 sur 60 millions), j’ai peur d’apprendre quels sont les sources historiques de leurs études de faisabilité.

Je profite de cet article pour saluer le gouvernement Malien qui oppose une vive résistance à la pression de la France pour la signature de l’accord « gestion concertée des flux migratoires et co-développement ». Il est heureux que des gouvernements nous aident à contrer les plans de ceux qui veulent faire de la cité Européenne une forteresse consanguine.

Il y a deux mois, je suis tombé sur un témoignage personnel d’un OMLT Français en Afghanistan au sujet de son expérience au contact des troupes Américaines. Point de grande littérature, mais un texte simple et émouvant par sa spontanéité. J’ai pensé que porter à la connaissance du monde anglophone ce petit témoignage d’amitié Franco-Américaine serait utile et participerait modestement à sa manière au renfort de liens quelques peu distendus par les divergences diplomatiques de ces dernières années que le monde médiatique n’a pas manqué de transformer en tensions populaires. J’ai donc immédiatement produite une traduction en anglais de l’article français. Je me doutais aussi que cette traduction trouverait son public aux Etats Unis et ailleurs, mais je ne m’attendait pas à ce qu’elle provoque un tel écho. Cinquante mille lectures en deux semaines (et ça continue) ainsi qu’une foule de commentaires sur l’article et sur d’autres sites, sans compter des messages de remerciement. C’est dix à cinquante fois le trafic qu’attire en un an une page convenablement fréquentée de mon blog anglophone. J’ai du toucher un point sensible. Les Américains auraient-ils besoin qu’on les aime ?

J’avais effectuée une traduction plutôt rapide et j’en viens presque à regretter de ne pas m’y être plus appliqué ! Sans tomber dans les psyops délibérées, il est bon de rappeler au monde qu’au dela des intérêts ponctuellement conflictuels, les liens qui nous unissent sont bien plus forts et que l’amitié Franco-Américaine n’est pas un vain mot. Je suis heureux d’y avoir contribué.

Le marché de l’accès par fibre optique s’oriente vers une concentration oligopolistique. Free en sera-t-il le perdant ?

Il y a un an et demi, je parlais de la standardisation des protocoles de provisionnement de la fibre optique. D’un point de vue objectif et rationel, la démarche multilatérale parait évidente. Mais malgré ma conclusion plutôt pessimiste sur la probabilité d’occurence d’un telle évolution, j’étais encore loin du compte.

Il y a six mois, Neuf Cegetel et Numéricable s’entendaient sur des compléments de couverture : Numéricable permet à Neuf Cegetel de se servir d’accès THD qu’il a déployé, et en échange Neuf Cegetel apporte à Numéricable sa couverture ADSL qui complète celle de Numéricable.

Quelques semaines auparavant, Neuf Cegetel avait remporté le marché de la connexion à la fibre optiques de 100 000 HLM de la ville de Paris. Ces accès pourraient êtres loués à Orange pour la distribution de ses services.

Aujourd’hui, Orange et Neuf Cegetel SFR s’entendent sur des modalités de mutualisation incompatibles avec les choix techniques de Free.

Les modes de coopération entre acteurs sont fragmentés et dominés par des accords bilatéraux dont le point commun est de marginaliser systématiquement Free.

Est-ce une stratégie délibérée ? Quelle sera la réaction de Free ? Comment Bouygues Telecom  s’insérera dans ce jeu de chaises musicales ? Quoi qu’il en soit, le marché se referme progressivement et la concentration du secteur évolue selon une dynamique dont le terme extrapolé ressemble fort à la situation oligopolistique du secteur de la téléphonie mobile. Mais n’est-ce pas le plus cher désir des acteurs dominants de l’accès par liaison fixe ?

Next Page »